lundi 17 novembre 2008

Alexandrie


Enfin des accents… mais des nouvelles avec deux jours de retard.
J’ai écrit ces lignes alors que je revenais au Caire, à l’hôtel où loge notre délégation. J’ai passé trois jours à Alexandrie, sur la Méditerranée, à l’ouest du delta du Nil. Ce qui est arrive depuis, vous le saurez dans un prochain post.

Sébastien et moi avons pris le train jeudi matin à la gare Ramses du Caire. Voyage à travers la campagne du delta, ses petites villes de briques et ses paysages bucoliques : paysans qui travaillent aux champs, palmiers, pigeonniers, gens qui se lavent dans les canaux d’irrigation, plein d’oiseaux blancs (petits hérons).
Arrivés à Alexandrie, une ville fondée par Alexandre le Grand il y a plus de 2300 ans, on a tout de suite aimé pour plusieurs raisons : l’air pur, l’air du large, de l’espace, une ville à dimension humaine (du moins selon mes références). Après le chaos cairote, ça fait du bien de pouvoir respirer et de ne plus passer son temps à contourner des obstacles.
On s’est trouvé une chambre dans un petit hôtel familial sur le bord de la baie. Vue magnifique sur la mer et la corniche…

On a rejoint Andréane, une Québécoise de l’ÉNAP qui fait un stage à l’Université Senghor d’Alexandrie, l’université de l’organisation internationale de la francophonie. On s’est fait une soirée mémorable : spectacle de musique orientale au centre culturel français (la ville garde un contact intime avec son passé francophile), recherche d’un resto bien recommandé de mon guide du routard à travers les quartiers populaires, puis festin chez ledit resto: Malek As-Saman (le roi des cailles). J’ai bouffé deux cailles… et un pigeon, avec bien sûr tous les petits plats d’accompagnement de la cuisine égyptienne : salades, humus, baba ghanouj, petits pains… D’ailleurs malgré tous les avertissements du Routard, je mange dangereusement et mon système digestif ne s’en est jamais plaint. Fin de soirée sur la corniche avec le thé et la shisha (la grosse pipe à eau pour fumer le tabac aromatisé). Le thé à l’égyptienne fait désormais partie de ma vie… un peu comme la salade grecque depuis mon séjour en Grèce. Je dois passer au moins quatre fois par jour dans les cafés aux coins des rues pour en siroter un avant de décider où j’irai flâner après. Dodo…

Le lendemain matin on est allés voir le fort Qaytbay à l’extrémité Ouest de la corniche…

Vendredi est vraiment un jour spécial ici, et en pays musulman aussi en général. C’était entre autre la journée de sortie pour les écoliers. Au fort de Qaytbay, il devait y en avoir 30 au mètre carré. Le fort est un gros bloc de pierre dans lequel, contrairement aux musées et aux ruines, on peut circuler partout. Les enfants s’en donnaient à cœur joie. C’était un vrai terrain de jeux pour eux, et leurs maîtres ne pouvaient pas les attraper. Malgré ça, c’est pas mal nous deux qui étions le centre d’attraction. Ils voulaient tous nous parler et pratiquer le peu d’anglais qu’ils connaissaient : « Hello, How are you?, What’s your name? ». Formidable!
En sortant du fort, on s’est aperçus que les groupes de touristes attendaient que les groupes scolaires aient fini leur visite avant d’entrer. Ils ont manqué quelque chose d’unique.

Le petit Ali faisant sa prière dans la salle de prière au centre du fort (c’était pas l’heure de la prière, mais il voulait que ses amis le prennent en photo):
En revenant vers l’hôtel, on a vécu une autre particularité du vendredi…
On s’est arrêtés pour boire un verre de assab, un jus de canne à sucre et de blé vert, devant une mosquée à l’heure de la prière et du prêche du vendredi, soit au moment idéal pour les pauvres de venir quêter la charité près de la mosquée. La charité est l’un des cinq piliers de l’islam et la prière du vendredi midi, celle qui rassemble le plus de monde à la mosquée, est l’occasion pour les Musulmans de remplir ce devoir. En quittant avant la fin du prêche, on a été assaillis par les mendiants. On y a laissé quelques guinées.

On est aussi allés voir la Bibliotheca Alexandrina, la nouvelle grande bibliothèque, de loin le bâtiment le plus moderne que j’aie vu en Égypte jusqu’à maintenant. Tres beau mais je n'avais pas pris mon appareil.

Après on a profité d’un autre attrait bien connu d’Alexandrie : les poissons. On s’est rendu chez Abou Ashraf, l’incontournable spécialiste pour les apprêter. Long périple dans le dédale des quartiers populaires pour s’y rendre, d’autant plus que, vendredi oblige, ça fourmillait de familles qui déambulaient lentement entre les boutiques, les cafés et les voitures bloquées par la marée humaine. Ajoutez au tableau quelques chèvres, des chats qui guettent les poules en cage et des charrettes tirées par des ânes et vous voyez l’aspect général. Comme ça arrive souvent, on n’a pas pris le bon chemin. Entre le Routard et la réalité, y a un décalage… aléatoire.
Mais on y est parvenus, tout fiers de notre acharnement. Et on a bien été récompensés pour l’effort. On a choisi nos poissons et crevettes qui patientaient sur la glace, puis on les a attendus en degustant moult marinades, purees et autres accompagnements.
Le lendemain, dernier jour de notre passage a Alexandrie, on a visite les catacombes grecques, puis on a pris le train pour le Caire. Je m'attendais a etre asphyxie par l'air cairote et etouffe par la densite, mais c'etait moins pire que je pensais. Je m'habitue doucement et je m'y sens de plus en plus confortable. Changement d'hotel et retrouvailles avec le reste du groupe de CIMAL.
En somme, Alexandrie m'a permis de relaxer par rapport aux premiers jours extenuants. Je comprends pourquoi tant de Cairotes s'y precipitent pendant les mois les plus chauds de l'ete egyptien.
Prochain post: Special pyramides!!!
A bientot

1 commentaire:

Maud Superpoule a dit…

On aurait bien envie de venir te joindre notamment pour te donner un coup de mains pour lire le routard !! Hi, hi, hi
Merci pour ce bô récit !
Bonne simulation, et attention à ton coeur devant les pyramides !! Déjà le fort, ça a du être dur alors imagine et ri (Astérix et Cléopâtre) !
Becs